Deux logos que tout oppose, sur un seul vêtement
Le Box Logo de Supreme est né avec la marque, fondée en avril 1994 à New York par James Jebbia. Le rectangle rouge et son lettrage blanc en Futura Heavy Oblique s'inspirent de l'œuvre de l'artiste Barbara Kruger. Depuis trente ans, le sweat à capuche Box Logo est la pièce la plus suivie de Supreme, vendue en quantités limitées lors des drops hebdomadaires.
Le Monogram de Louis Vuitton, lui, date de la fin du XIXe siècle et incarne le luxe français depuis plus d'un siècle. En les réunissant, la collection de 2017 a mis côte à côte la culture du skate new-yorkais et la plus célèbre toile de la maroquinerie. Le sweat condense ce choc en un vêtement que l'on reconnaît à vingt mètres.
C'est ce qui explique sa place à part. Pour beaucoup d'amateurs, il est l'objet qui symbolise le basculement du luxe vers le streetwear, plus encore que les malles et les sacs, trop chers pour être portés au quotidien.
Les dates disent bien l'écart entre les deux univers. Louis Vuitton a lancé sa toile Monogram en 1896 ; Supreme a ouvert sa première boutique de Lafayette Street, à Manhattan, près d'un siècle plus tard, dans un ancien bureau aménagé pour que les skateurs puissent y entrer avec leur planche. Que ces deux histoires se rencontrent sur un sweat à capuche résume l'époque.