Un musée portatif : le principe de la collection
Koons a transposé sur la maroquinerie l'idée de sa série de peintures Gazing Ball, où il reproduisait des chefs-d'œuvre de l'histoire de l'art. Sur les sacs, le tableau occupe toute la surface, tandis que le nom du peintre s'affiche en grandes lettres métalliques. Un monogramme associant les initiales de Louis Vuitton et de Jeff Koons remplace partiellement le Monogram classique, et une breloque en forme de lapin gonflable, motif récurrent de l'artiste, accompagne de nombreuses pièces.
Le premier volet, présenté en avril 2017, réunissait des œuvres de Léonard de Vinci, Titien, Van Gogh, Rubens et Fragonard. Le second, plus tard la même année, ajoutait Monet, Turner, Manet, Gauguin et Boucher, selon Wikipédia.
Le résultat a divisé : les uns y voyaient une démocratisation joyeuse de l'histoire de l'art, les autres un objet trop littéral. Ce débat fait aujourd'hui partie de l'intérêt de la collection pour les collectionneurs.
Il faut replacer la collaboration dans le parcours de Koons, l'un des artistes vivants les plus cotés, connu pour ses Balloon Dogs et son Rabbit en acier inoxydable. Pour lui, l'objet de consommation et l'œuvre d'art ne s'opposent pas. Les sacs Masters prolongent cette idée : ils transforment un accessoire de luxe en support de reproduction, et un chef-d'œuvre de musée en motif porté dans la rue.