Un capteur sans couleurs : ce que cela change vraiment
Sur un capteur classique, chaque photosite est recouvert d'un filtre rouge, vert ou bleu, et l'image couleur est reconstruite par interpolation. Le capteur du Q3 Monochrom n'a pas cette matrice : chaque pixel enregistre directement la luminance. Il en résulte une meilleure définition effective à résolution égale et une sensibilité plus élevée, puisque la lumière n'est plus filtrée avant d'atteindre le silicium.
C'est ce qui explique la plage ISO de 200 à 200 000, bien au-delà de ce qu'autorise le Q3 couleur. En pratique, le bruit numérique d'un capteur monochrome ressemble davantage à un grain argentique fin, ce que recherchent beaucoup de photographes de rue et de reportage nocturne.
La contrepartie est radicale : aucune information de couleur n'est enregistrée. Impossible de revenir en arrière en post-production, et les filtres de couleur traditionnels (jaune, orange, rouge) retrouvent leur utilité pour contrôler le rendu des ciels ou des peaux. C'est un appareil qui impose une manière de voir, et c'est précisément ce que recherche sa clientèle.